Le répit européen sera-t-il de courte durée ?

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Cher tous,

Actualité présidentielle oblige, on parle moins ces temps-ci de la crise financière. La perte du AAA français (à vrai dire, seul S&P a dégradé la France, les autres agences maintenant leur notation) n’a pas ému grand monde, sauf peut être les entreprises publiques, les banques et les collectivités locales qui vont voir leurs conditions d’accès au crédit se réduire.

Pour autant, la dette publique européenne et plus globalement occidentale (les Etats-Unis ont 15 000Md$ de dette) ne diminue pas et va même s’accroître… Avec les plans de rigueur successifs, la zone euro subira une récession en 2012 (-0,5% d’après le FMI), les USA une croissance faible, le Japon guère mieux, même les pays émergents verront leur croissance ralentir, traduisant ainsi la réalité économique de la mondialisation. Si l’Europe plonge, tout le monde plonge, d’où l’insistance du FMI pour lever de nouveaux fonds auprès de ses pays membres (les Etats-Unis ont d’ores et déjà dit non).

Chacun agit dans son coin, au coup par coup. Aux Etats-Unis, la Fed a prêté 1200Md$ aux banques américaines au taux ridicul de 0,01%, en Europe la BCE a fourni 490Md€ de liquidités à 1%… tout ceci sans aucune garantie (du moins en Europe) que l’argent prêtée ira financer les économies en difficulté. Bien au contraire, les banques européennes délaissent de plus en plus les obligations d’Etats européens du « sud » (Grèce, Portugal, Italie, Espagne..). Les mêmes qui criaient au secours pour que les Etats les renflouent en 2009 disent aujourd’hui aux Etats de se désendetter. L’hôpital qui se moque de la charité comme dirait le proverbe populaire.

Pendant ce temps là, l’Europe s’enfonce progressivement dans la crise : l’Allemagne campe sur ses positions de ne pas laisser la BCE acheter des obligations d’Etat. Dans le système actuel, une telle attitude, c’est comme vouloir courir un 100m avec une jambe dans le plâtre.

Evidemment, laisser la BCE injecter des liquidités ne réglerait pas leur problème de fond, à savoir que les Etats vivent au dessus de leurs moyens. A défaut, cela nous remettrait dans une situation « égale » vis à vis des autres centres économiques mondiaux et détournerait l’oeil du cyclone de l’Europe… sans pour autant résoudre en rien la nature instable du système financier actuel !

 

 

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