Bras de fer entre la Mairie et FLC, le bureau de l’association démissionne

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Fontainebleau Loisirs et Culture est la plus grosse association bellifontaine : avec 1 300 adhérents, elle couvre une large partie de l’offre culturelle et de loisirs de la Ville. Les activités proposées vont de la danse, en passant par des cours de langues ou encore de la composition florale. C’est une structure gérée sous forme associative dont les recettes sont composées à la fois des cotisations de ses membres mais aussi de subventions. La Ville de Fontainebleau est depuis toujours un gros contributeur au regard des missions de service public que FLC exerce. En contrepartie, la Ville siège au Conseil d’Administration par le biais de deux représentants ainsi que le Maire de Fontainebleau qui est membre de droit.

Cette situation a toujours bénéficié à la Ville : ce cadre offre une souplesse d’intervention, de programmation et d’activités qu’il ne serait pas possible d’atteindre avec une structure municipalisée (on mesure d’ailleurs combien l’attraction de FLC est importante en comparaison de celle de la Nébul’, maison des jeunes de la Ville). Les membres de son CA sont 100% bénévoles et totalement engagés pour la vie de leur structure.

Pourtant, cette situation ne semble plus satisfaire la Mairie. Depuis plusieurs mois, un conflit monte et s’installe petit à petit entre l’association et la Ville, sans qu’il soit vraiment possible de savoir pourquoi. La Ville a informé l’association de son souhait de vouloir récupérer la gestion des salles disponibles (le bâtiment est propriété de la commune) et des plannings. Motif invoqué : d’autres associations (lesquelles ? personne ne semble être au courant et encore moins le Conseil Municipal…) souhaitent disposer de créneaux horaires à FLC. Le planning de FLC étant pour sa part déjà bien chargé, toute suppression de salles entraîne immanquablement la disparition de créneau horaire, donc de cours dispensés par les intervenants vacataires pour le compte du FLC (une quarantaine de personnes dont c’est l’activité professionnelle) et de recettes pour l’association qui a réussi l’an dernier à redresser ses comptes et à atteindre l’équilibre financier. La Ville a également informé FLC que la subvention 2015 serait réduite de 35% (de 116 000€ à 80 000€) quoi qu’il arrive. Une annonce tardive après une année électorale où la subvention avait atteint un record…

Le dialogue s’est tendu de façon incroyable lors de l’Assemblée Générale (30 janvier 2015) du FLC à laquelle j’assistais comme environ 70 personnes (parents, intervenants, adhérents de l’association…). Le Maire de Fontainebleau, devant une assistance médusée qui n’a d’ailleurs pas manqué de lui faire savoir, a dénoncé pèle-mêle « la politisation de l’association« , « la présence de certaines personnes dont on connaît le caractère nocif à Fontainebleau« , qu’il « ne laisserait pas faire cette situation » et qu’enfin « il n’hésiterait pas une seule seconde à agir, qu’il prendrait ses responsabilités et qu’en un claquement de doigts, en 10mn, il pouvait supprimer la subvention de l’association. »

Intervenants et parents ont exprimé leur incompréhension face à des « propos ressemblant à des menaces » et ont réaffirmé que le souhait de tous était d’avoir une visibilité sur les plannings de la rentrée scolaire afin de savoir quels cours (et donc combien d’intervenants) seraient supprimés à la rentrée. La séance s’était conclue par un vote sur le nouveau Conseil d’Administration, élu à l’unanimité, y compris avec le vote des représentants de la Ville

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Edito magazine FLC février 2015

La situation a continué à se tendre entre FLC et la Ville. Lors du Conseil Municipal du 23 mars 2015, au cours duquel les subventions aux associations ont été votées, FLC est la seule association pour laquelle aucune subvention n’a été votée (seul un acompte de subvention de 35 000€ avait été voté en décembre 2014). Raison invoquée ? Le besoin de finaliser la « charte d’objectifs » triennale.

On peut raisonnablement penser que cette charte, comme toutes les associations recevant plus de 23 000€/an (tennis, foot etc), avait le temps d’être travaillée en amont du Conseil, du moins c’est toujours ainsi qu’il a été procédé par le passé. Un retard à la subvention qui n’est pas sans rappeler la situation qu’avait vécue l’Union des Commerçants en 2013 et qui deux ans plus tard cesse d’exister : la subvention définitive n’avait été délivrée qu’une fois un nouveau Conseil d’Administration (plus docile) installé à la tête de l’association. Cette situation a commencé à inquiéter fortement FLC comme le mentionne son journal d’avril 2015.

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Edito magazine FLC avril 2015

 

Comme pour l’Union des Commerçants, le Maire de Fontainebleau a demandé une démission de la Présidente de FLC, sous peine de ne pas donner de subvention du tout en 2015 et donc de faire mourir l’association. C’était lors du Conseil d’Administration du 7 mai. Comme l’explique le journal de FLC, cette démission a été contrainte.

On reproche à la Présidente son engagement politique lors de la campagne municipale sur la liste socialiste. Une critique un peu facile d’autant que la Présidente n’a jamais utilisé l’association (notre groupe y a veillé pendant les élections municipales) à ses propres fins. Une critique d’autant plus incroyable que c’est bien l’une des salariées de FLC, dont l’époux est maintenant adjoint au Maire de Fontainebleau, qui avait utilisé les moyens de FLC pour faire la campagne municipale du Maire de Fontainebleau ! J’avais révélé l’information à l’époque et l’adjoint au maire de Fontainebleau en garde toujours une forte amertume comme il l’avait expliqué à la République de Seine et Marne dans une interview. Passons.

Si l’on devait interdire aux personnes membres d’association d’être sur des listes municipales alors la propre équipe du Maire serait beaucoup moins nombreuse (on se souvient que nombre d’entre eux, à commencer par le même adjoint au Maire, ont été membres très actifs de ce comité !). Le Maire lui même a présidé plusieurs associations avant son élection : le collectif Agir à Fontainebleau ou Anim’Asso qui organisait le festival des associations… Comme il est dit dans les évangiles : « Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’oeil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton oeil ? »

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Edito magazine FLC mai 2015

Espérons maintenant que FLC ne sera pas trop déstabilisée par cet épisode dommageable. FLC est une association vitale au bon fonctionnement de notre Ville et vouloir créer une polémique politicienne autour de cette structure est la dernière chose dont Fontainebleau a besoin !  

 

Vous trouverez ci-dessous l’article de la République de Seine et Marne sur le sujet :

FLC dans la tourmente

La plus grosse association culturelle de la ville est en danger. En cause : la guerre déclarée par le maire à sa présidente à laquelle il reproche son positionnement politique.

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Une semaine après l’annonce par l’Union des commerçants de l’arrêt de ses activités, c’est au tour d’une autre association emblématique de Fontainebleau d’être dans la tourmente. Fontainebleau Loisirs et Culture (FLC), l’une des plus grosses de la ville avec ses 1.300 adhérents, ses 4 salariés et ses 40 intervenants, vieille de 50 ans, est plus que jamais dans la tourmente. A ce jour, elle n’a plus de président ni de bureau, et son avenir semble plus que jamais incertain.

Les Bellifontains connaissent bien la Maison des Associations de la rue du Mont Ussy qui héberge l’association. La ville la subventionnait fortement jusqu’à cette année, à hauteur de 116.000 euros. Mais avec le renouvellement de la convention d’objectifs et de moyens à venir, les administrateurs ont appris que la mairie souhaitait réduire la subvention de 35 %. La ville a même suspendu le versement de la subvention en attendant le renouvellement de la charte. Aussi et surtout, les fameuses salles de la maison des associations ne seraient plus réservées à FLC. Une sérieuse remise en question, à l’heure où l’association a réussi à équilibrer ses comptes après deux années largement déficitaires.

La question, plus que sensible, a été abordée lors du dernier conseil municipal. La socialiste Roseline Sarkissian ne comprenait pas « la baisse colossale de la subvention, d’autant plus étonnante qu’elle arrive au terme d’une échéance électorale ». Sur ce dossier, le politique a pris le dessus. En cause, clairement, le positionnement politique supposé de l’association, et plus précisément de sa présidente Isabelle Olzenski qui a fait partie de la liste de Mme Sarkissian lors des municipales. Ce que ne cache pas le maire : « Il y a chez FLC un glissement vers un mélange des genres, un détournement par rapport à l’objet de cette association. FLC doit s’occuper des loisirs et de la culture. Or c’est la première fois que la présidence est occupée par une personne présente sur une liste municipale. Ce sont des sommes importantes, et l’association doit être dans la neutralité. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas ».

La menace du « claquement de doigts »

Nous avons demandé au maire quels faits précis il reprochait à Mme Olzenski, mais nous n’avons pas obtenu de réponse. Lors du conseil, le maire jurait qu’il ne voulait pas « fragiliser l’association », mais la situation est désormais plus que précaire. La présidente a démissionné (lire encadré), comme les deux tiers du bureau. A la fin de la saison, difficile de prévoir ce que va devenir la structure. On peut s’attendre à une subvention réduite, mais surtout à des problèmes de salles. Le maire a annoncé que la ville souhaitait « reprendre à sa charge la gestion de l’accueil et des locaux de la maison des associations ». Faut-il y voir les prémices d’un déménagement de la Nébul’ dans les locaux de la MASA ? Il est trop tôt pour le dire. Une chose est sûre : le maire était déterminé à ne pas laisser Isabelle Olzenski à la présidence, déclarant (selon plusieurs témoignages concordants NDLR) lors du conseil d’administration, devant une centaine d’adhérents « qu’il pouvait en 10 minutes et un claquement de doigts suspendre instantanément la totalité de la subvention ».

Le maire a donc semble t-il obtenu ce qu’il voulait : pousser le bureau à la démission avant que la nouvelle charte soit signée. Reste à savoir quel impact aura ce coup d’éclat sur les salariés, les adhérents, et plus globalement sur la politique culturelle de la ville. Il n’a pas fallu attendre longtemps pour constater un premier effet : FLC, qui participe aux festivités consacrées au jumelage cette semaine, a été largement écartée du programme officiel édité par la mairie.

Yoann VALLIER

Isabelle Olzenski s’explique

Sortant de sa réserve habituelle, l’ex-présidente Isabelle Olzenski, interrogée par nos soins, s’étonne : « comme je l’ai fait en assemblée générale, aucun bureau, conseil d’administration, ne se sont tenus pendant la campagne, aucun message aux intervenants, aux adhérents, n’a été adressé et je ne me suis jamais présentée aux électeurs en tant que présidente de FLC. Je m’étonne aussi d’avoir été réélue, à l’issue de la dernière l’assemblée générale, à la présidence de FLC, à l’unanimité, c’est-à-dire avec les voix des membres de droit, celle du maire et de ses deux représentants. Allez comprendre puisque c’est soi-disant moi le problème …. dans ce dossier l’incohérence sert hélas d’esprit de suite ». Elle a depuis démissionné lors du dernier conseil d’administration : «j’ai compris que mon maintien à la présidence menaçait l’avenir de FLC, le maire m’accusant d’avoir écrit un éditorial « manipulateur » dans la feuille d’informations de l’association et menaçant de clore le dossier.»

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