Budget 2015 : dépenses et charges de personnel en hausse, économies sur des symboles

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La communication municipale réalisée, avant même la tenue de la Commission des Finances, annonce 800 000€ d’économies en dépenses au budget 2015. Les éléments du débat budgétaire contredisent pourtant cette assertion. En regardant les dépenses réelles totales, entre le budget primitif 2014 et 2015,la hausse des dépenses est de 1,02%, soit + 300 000€ ! Comment est-il possible d’annoncer des économies alors que les dépenses totales augmentent de 300 000€ ?

Depensesdefonctionnement

La Municipalité a effectué des choix de communication contestable, en comparant des éléments difficiles. Pour cela, la majorité municipalité a comparé le budget primitif (voté en décembre) avec les crédits ouverts à la fin de l’année précédente ; ce choix n’est pas sérieux et ne reflète pas la réalité. En effet, chaque année des modifications interviennent, en mars d’abord par l’approbation d’un budget supplémentaire puis au fur et à mesure des différentes décisions modificatives. Pour 2014, l’écart est flagrant entre le budget primitif et les crédits de fin d’année avec des dépenses courantes en hausse de… +2 300 000€ !  Les charges à caractère général ont été revues à la hausse de 457 020€, les charges de personnel de 200 000€…

En comparant le budget primitif 2014 et 2015, les dépenses courantes augmentent de 300 000€ ! 

Les charges de personnel augmentent de + 350 000€ et représentent 10 596 000€ (52% des dépenses) : En clair, il n’y a aucune économie sur ce poste budgétaire ! Si une partie de la hausse est imputable à la réforme des rythmes scolaires, il est évident que les trois postes de catégorie A créés lors du dernier Conseil Municipal (un Directeur Général Adjoint, un Responsable Multimédia de la Bibliothèque et un Gestionnaire des Oeuvres Patrimoniales) pèseront lourd dans les dépenses de personnel. Comment espérer faire des économies sans réduire un poste qui compte pour 50% des dépenses courantes du budget ? Les embauches de personnel n’ont pas connu de crise ces dernières années : sur la période 2006-2015, l’inflation a atteint +13% tandis que les charges de personnel ont augmenté de +25%. J’ai sollicité la mise en place d’un groupe de travail sur cette question des charges de personnel car seuls le Directeur Général des Services et le Maire (signataires des contrats d’embauche) ont une vision consolidée et exhaustive du personnel, direction par direction, poste par poste.

Baisse en demie-teinte pour les charges à caractère générale ? Par rapport au budget primitif 2014, il est prévu une diminution de 300 000€ sur cet important poste budgétaire (28% des dépenses). La quasi-totalité des prévisions d’économies provient des réductions de charges d’énergie, des réduction d’entretien des bâtiments et des voiries et du service animation (suppression de la patinoire à Noël et du feu d’artifice de la Saint-Louis). J’ai souhaité savoir sur quelles hypothèses étaient fondées ces diminutions. S’agit-il de ne plus chauffer certains bâtiments ? De ne plus réparer lorsque les bâtiments fuient ou lorsque des trous apparaissent dans la voirie ? Sur les charges de chauffage, cette estimation est fondée sur les crédits dépensés en 2014 et sur quelques travaux d’isolation. Difficile d’en déduire une baisse de 75 000€ alors que 2014 a été une année exceptionnellement chaude !

Avec la suppression du feu d’artifice de la Saint-Louis, la municipalité verse dans le symbole. 22500€ sur 20,5M, c’est 1/1000 des dépenses. En est-on vraiment là ? La Municipalité est-elle prête à annuler un événement qui, de mémoire de bellifontain, s’est toujours tenue depuis l’après guerre ? Si l’on supprime toutes les animations, autant mettre au chômage technique le personnel du service animation ! Ce ne sont pas là des réformes structurelles.

Côté investissements, les chiffres présentés sont loin des réalités en fin d’année et nécessitent au moins l’adoption du budget supplémentaire pour être commenter. Une question néanmoins : pourquoi budgéter 1 800 000€ pour la Place de la République ? Pour quels travaux ? En Commission Finances comme en Conseil Municipal, je n’ai pas eu de réponse précise sauf qu’une partie sera utilisée pour construire la « dalle » renforçant le sous-sol devant l’immeuble Le Bellifontain et qu’une autre sera certainement glissée sur les années suivantes… Cela m’étonnerait néanmoins que de véritables travaux commencent sur la Place car avant même d’avoir démarré ce chantier est déjà en retard. D’après les panneaux installés sur les palissades, il devait démarrer début 2014, puis le 7 novembre (avenant au contrat Interparking). Aujourd’hui, rien du tout à part un magnifique arboretum ci-dessous. Rappelons qu’il est pourtant inscrit que la Place sera fini fin  2015 sur les panneaux…

En dépenses d’investissements, il convient d’alerter sur le niveau de la dette. C’est aujourd’hui la première des dépenses d’investissements de la Ville. Au total, la Ville paie 2 700 000€ d’annuité dont 600 000€ d’intérêts. C’est énorme ! En 2007, cela représentait seulement 2 200 000€. Chaque année cela continue d’augmenter. Il faut agir avant que cela ne devienne insoutenable car s’endetter pour rembourser sa dette n’est pas tenable sur le long-terme.

Des propositions de réformes structurelles pour économiser 300 000€ :

Retour des dépenses de communication au niveau de 2011 : Le simple retour des dépenses de communication au même niveau qu’en 2011, soit 50 000€, suffit à économiser 30 000€.  30 000€ d’économies, c’est plus qu’il n’en faut pour tirer le feu d’artifice de la Saint-Louis ! Ce chiffre est à mettre en regard avec les 110 000€ atteints en 2014 (2014, année spéciale ?) et les 80 000€ prévu pour 2015.

Renégociation des prêts aux forts taux d’intérêt : Je soumets à nouveau l’idée d’un plan pluriannuel de gestion de la dette qui soit discuté et approuvé en Conseil Municipal. C’est un outil de pilotage nécessaire pour un budget équivalent à celui de la Ville ! Avec des prêts à des taux allant jusqu’à 5,34% (4,55% signé en 2007 ou 4,51% signé en 2011) alors les taux d’intérêts sont au plus bas, il est tout à fait possible de gagner beaucoup en renégociant ! J’estime qu’il est possible de faire 10% d’économies sur les intérêts de la dette (soit 60 000€) en s’y penchant sérieusement, contrat par contrat.

Revoir la politique de cessions de patrimoine : Depuis 2006, la Ville a cédé pour 7 397 500€ de biens : 27 rue Arbre Sec (2006), 1 310 000€, 3 places d’armes (2007), 320 000€, 6 rue Marrier (2008), 922 500€, 99 rue de France (2010), 1 790 000€, 19 rue de la Cloche (2011), 55 000€, le terrain rue du Mont Ussy (ancienne MJC) vendu en avril 2013 pour environ 800 000€, le terrain Decamps pour 300 000€, la Halle de Villars pour 800 000€, le 88 rue Grande pour 800 000€. Alors que l’immobilier baisse, il est au contraire temps d’acheter pour alimenter la Ville en loyers. Suite aux cessions et au départ de services publics, c’est une moindre recette de 50 000€ assurés chaque année qui s’envole. Je suggère d’optimiser la gestion du patrimoine en le faisant fructifier à travers des locations dans une période où les prix de vente sont bas. Si la commune n’a pas les fonds propres, le recours à des partenaires privés est possible ! Un groupe de travail spécifique à ce sujet serait utile : liste de biens de la Ville, état actuel, coût des travaux de remise sur le marché, loyers escomptés etc. Les gains de recettes peuvent atteindre plus de 50 000€ par an. Quant aux nouvelles cessions, si vraiment la Municipalité en réalise, il conviendrait de les affecter entièrement à la réduction de la dette. Avec une telle politique, la dette serait diminuée de moitié depuis 2006. On ne peut pas financer les investissements uniquement par des cessions mais par des économies sur le fonctionnement. Plus on augmente la dette, il est dur d’investir. En affectant les biens cédés au remboursement de la dette, on diminue l’annuité de la dette diminue et on redonne des marges de manœuvre.

Diminuer la facture énergétique représentant 1M€ : J’ai suggéré que la Ville travaille à la fin des tarifs réglementés de vente. Sur le gaz, cette possibilité est offerte aux collectivités depuis le 1er janvier 2014 et le sera dès 2015 pour l’électricité. D’après l’UFC Que choisir, l’économie engendrée pour le gaz est de l’ordre, au minimum, de 15% soit pour le gaz, soit plus de 60 000€. Ce sera demain au moins autant sur l’électricité. Voilà donc 120 000€ durables de réduction des dépenses. A défaut d’avoir les compétences ou la main d’œuvre interne, une telle opération pourrait facilement être réalisée par la Ville en adhérant à un groupement d’achats de collectivités.

Entre les dépenses de communication, la renégociation des prêts, les cessions de patrimoine et l’énergie, voilà près de 300 000€ d’économies réalisées par une bonne gestion et qui évite de verser dans la symbole comme pour la Saint Louis. Pour le personnel, les fortes augmentations des dernières années montre qu’il existe des marges de manœuvre alors que du personnel est également embauché à la CCPF…

Pour 2015, les trois mots clefs pour réussir sont assurément courage, ingéniosité et innovation. Un peu de coopération avec les minorités municipales (constructives comme nous l’avons vu ci-dessus) serait également appréciée 😉

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