Comptes de l’exercice 2012 : un statut quo insuffisant pour mener les investissements

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Calculer son budget

Cher tous,

Lors du Conseil Municipal du 25 mars, le compte administratif, c’est à dire l’approbation des comptes, de l’an passé sera à l’ordre du jour. Les résultats diffèrent malheureusement peu de l’année précédente. Les dépenses courantes continuent de progresser et ne permettent pas de dégager des marges de manœuvre indispensables pour investir…

Voici en quelques points les éléments marquants de l’année budgétaire 2012 en laissant de côté le budget du théâtre (qui a maintenant son propre budget).

1/ Des rentrées courantes en hausse de 3% qui s’établissent à 22 628 655€

En 2012, le total des recettes a augmenté de près de 670 000€.

Le produit des impôts directs (taxe d’habitation, foncière, foncier non bâti) continue sa progression de 168 823€ pour s’établir à 9 879 489€.

Les autres taxes augmentent également pour 219 925€. Parmi ces taxes, on notera un produit issu du Marché forain de 320 052€ et un prélèvement sur les paris en ligne (merci à l’existence de notre Hippodrome de la Solle) existant depuis 2 ans dont le montant représente quand même 213 357€ !

Les dotations de l’Etat continuent également à progresser de 118 323€ et représentent plus de 20% des rentrées d’argent de la Ville.

On observe également une baisse des recettes liées aux participations et subventions et aux produits domaniaux (la Ville avait touché des recettes exceptionnelles liées à d’anciennes situations).

Enfin, le montant des cessions patrimonial a contribué à rapporter 626 247€ (même si une partie sont des opérations d’échange) !

2/ Des dépenses courantes elles aussi en hausse !

Lorsqu’on a la chance d’avoir des recettes en hausse, soit des contribuables, soit de l’Etat, il serait logique de les utiliser pour financer des investissements. Au lieu de cela, la logique municipale a été de dépenser davantage

Résultat, les dépenses de fonctionnement sont en hausse de 272 683€ et s’établissent à 20 094 471€.

Les charges de personnel continuent leur progression à un rythme supérieur à l’inflation (+3,52%) pour s’établir à 9 899 031€.

Les charges liées aux services à la population sont quant à elles en diminution dans les secteurs sportifs et jeunesse par exemple…

Plus inquiétant, les intérêts de la dette (qui figurent en dépenses courantes) augmentent de 10% et représentent 711 474€. Cela traduit notamment le fait que la dette contractée est récente (65% de la dette est postérieure à 2006) et qu’en conséquence les intérêts d’emprunts sont conséquents ! (retrouvez la lettre d’information de l’association Fontainebleau Citoyens consacrée à la dette en cliquant ici).

3/ l’épargne dégagée pour financer les investissements n’est que de 728 000€. La 1ère dépense d’investissement est le remboursement en capital de la dette pour 1 807 235€.

La différence entre recettes et dépenses courantes sert à financer les investissements. La 1ère dépense d’investissement, obligatoire, est le remboursement du capital de la dette. L’an passé, son montant a atteint 1 807 235€, un record, à comparer aux  1 450 000€ de l’année 2006 par exemple. Cette augmentation continue traduit bien le fait que la Ville a réemprunté au fur et à mesure de ses remboursements de dette. Réemprunter pour rembourser la dette ou le début de la spirale menant au surendettement.

Une fois le capital de la dette remboursé, il ne reste plus que 728 000€ pour financer les investissements, sauf à emprunter de nouveau ou à piocher dans la trésorerie. Les deux techniques ont été utilisées l’an passé : un nouvel emprunt de 1 350 000€ (en plus d’un emprunt de 450 000€ pour le budget du théâtre) et en parallèle une diminution de 372 000€ du fond de roulement.

4/ 3 782 059€ de dépenses d’équipement et 751 792€ de travaux reporté, faute d’argent disponible

Lorsque l’on a du mal à boucler son budget à la fin d’année, une des tactiques consiste à faire des reports d’investissements à l’année suivante. C’est exactement ce qui s’est passé en 2012.

La Ville a utilisé 3 782 059€ pour des dépenses d’équipement et, n’ayant pas de quoi financer davantage, en a reporté 20% à 2013.

A quoi a été utilisé l’argent ? Sur des travaux de voirie (Corot, Pasteur, Glaïeuls) pour 1 050 000€ ou des acquisitions de terrains (cf. plus haut, les opérations d’échange) pour 742 000€. Viennent ensuite des travaux dans le secteur jeunesse / enfance et dans les écoles pour 154 713€.

Plus surprenant, la Municipalité a dépensé 428 402€ pour la Requalification du Centre-Ville sans un seul coup de pioche mais uniquement pour du papier, une maquette et une fresque… Cela fait cher, trop cher ! Ou encore les 61 264€ du Chantier des Collections du Musée Napoléonien alors que l’on ne sait toujours pas quel sort la Municipalité lui réserve mais qui en attendant est toujours fermé, tandis que la Villa Lavaurs continue de se dégrader lentement mais sûrement.

Les éléments précédents montrent, s’il en est besoin, que la Ville n’a (n’avait ?) pas les moyens de consacrer 7M€ sur 3 ans aux esquisses de la Place de la République.

Conclusion : Ce n’est pas avec 728 000€ d’épargne réelle que la Ville pourra se lancer dans des projets à plusieurs millions d’euros. Avec si peu d’épargne, la Ville mettrait 10 ans à faire les travaux envisagés Place de la République ! Sauf bien entendu à augmenter les impôts, accroître l’endettement (ou en l’occurrence, remplacer de la « dette géothermie » par de la « dette Valletoux ») ou à amplifier la liquidation du patrimoine de la Ville.

Alors que faire ? S’attaquer réellement aux dépenses de fonctionnement de la Ville, en se fixant chaque année un objectif de diminution de 5 à 10% des dépenses réelles. Cela passe un gel des embauches dans les secteurs non prioritaires, l’adaptation des tarifs à l’évolution du pouvoir d’achat des Bellifontains (faire payer trop cher, c’est aussi risquer d’avoir moins de recettes en période de crise), une révision de la politique d’achat, des arbitrages entre rebouchage de trous et investissements dans la voirie (le rebouchage a coûté près de 150 000€ en 2012 !) ou dans les bâtiments. En investissement, il faut éviter le saupoudrage d’investissement et prioritairement supprimer ce qui ne donne pas lieu à une amélioration du cadre de vie. Des tonnes de papier pour de jolies esquisses en fait évidemment partie…

 

 

 

 

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