Budget 2013 : au-dela de l’affichage politique, qu’en retenir ?

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Cher tous,

La République de Seine et Marne consacre cette semaine une double-page sur le budget de la Ville de Fontainebleau aux nombreuses imprécisions. Première erreur et pas des moindres sur le montant d’investissement : la République parle de 8M€ reprenant certainement une information donnée par la Mairie . Il n’en est rien(il est d’ailleurs révélateur de voir qu’en sommant tous les investissements listés, le total n’est que de 4 451 100€…). Le montant de travaux voté est inférieur à 6M€ et d’ailleurs tout aussi peu crédible que le reste du budget.

Comment fonctionne un budget ?

Faisons l’analogie avec un ménage.

Pour un ménage, le quotidien est fait de dépenses et de recettes courantes : en dépenses courantes, l’alimentation, le logement, l’entretien, les loisirs… et en recettes courantes le salaires, les diverses aides etc. En comptabilité publique, ces dépenses et recettes courantes sont regroupées dans la section de « fonctionnement » (notez bien que les intérêts d’emprunt sont comptabilisés en fonctionnement).

A la fin du mois, lorsqu’un ménage fait ses comptes, soit il est déficitaire et doit donc piocher dans ses économies, soit il est excédentaire et dispose d’une épargne. En comptabilité publique, l’épargne s’appelle l’autofinancement brute. Piocher dans ses économies signifie diminuer le montant des « réserves » ou procéder à des « cessions immobilières ».

Lorsqu’un ménage dispose d’épargne, il peut s’acheter des biens qui lui dureront plusieurs années : une nouvelle TV, une voiture ou encore une maison. Il peut aussi bénéficier de subventions à l’achat (bonus-malus écologique, aides à la pierre…) qui constituent des recettes. S’il n’a pas suffisamment d’épargne, il peut emprunter auprès de sa banque, en veillant toujours à être en capacité de rembourser les mensualités ou annuités. Pour une collectivité, ces dépenses et recettes sont regroupées dans la section « investissement ». La collectivité utilise son autofinancement brut pour tout d’abord rembourser l’annuité en capital de sa dette (les intérêts sont considérés comme du fonctionnement et le capital comme de l’investissement). Ce qui reste constitue l’autofinancement net, c’est à dire ce qui a vraiment été mis de côté dans l’année pour investir. Le reste des recettes provient des subventions d’investissement ou de nouveaux emprunts. En dépenses, outre le capital de la dette, on trouvera les travaux réalisés par la collectivité.

A Fontainebleau qu’est ce que cela donne ?

Le budget initial, voté lors du dernier Conseil Municipal, qu’évoque la République de Seine et Marne, présente les ratios suivants :

autofinancement brut (épargne disponible avant remboursement de l’annuité en capital de la dette) = dépenses courantes – recettes courantes = 3 233 987€

autofinancement net (épargne disponible pour investir réellement) = – 1 238 573€ (cette année l’annuité en capital de la dette est de 1 972 560€ et une opération blanche de reversement d’Interparking à Vinci de 2 500 000€ au titre des biens non amortis). Avant d’investir, la Ville doit donc trouver 1 238 573€ !

Emprunt pour couvrir les investissements = 5 413 302€ (montant qui sera revu à la baisse si la Ville réalise les cessions de la Halle au Fourrage, de l’ancienne MJC rue du Mont-Ussy et du terrain vague Place Décamps)

Investissements réels envisagés = 5 935 880€. On est donc loin des 8M€ annoncés hâtivement par la presse locale…

Dans les faits, les écarts entre budget initial et budget définitif (ou « compte administratif » approuvé à la fin de l’année) évoluent tout au long de l’année et ce de manière généralement défavorable aux investissements (la Ville fait davantage de dépenses courantes et investit moins). L’écart peut aller jusque 20% à la hausse en dépenses de fonctionnement et 50% à la baisse en dépenses d’investissements. Sans compter qu’avec plus de 5,4M€ d’emprunt, l’endettement de la Ville bondirait de 25% ! Ce qui nous fait dire que ce budget est tout bonnement déconnecté de la réalité…

A bon entendeur.

La République de Seine et Marne - budget assaini ou deconnecte - 18022013

Communiqué de presse – Conseil Municipal du 4 février 2013

 

Emmanuel Bosq, Paule Svatek et Cédric Thoma, élus d’opposition à Fontainebleau, reviennent sur le Conseil Municipal du 4 février 2013 et le vote du budget.

 « Le budget présenté par l’équipe municipale est totalement déconnecté de l’environnement économique dans lequel nous vivons ! La majorité a voté pour une augmentation de l’endettement de 25% avec 5 410 000€ d’emprunts programmés, des cessions des biens de la Ville pour près de 3M€, le tout avec une épargne disponible pour investir négative à hauteur de – 1 238 000€, comment voulez-vous que nous cautionnions pareille folie ! » déclarent Emmanuel Bosq, Paule Svatek et Cédric Thoma.

 « On affiche un budget de clientélisme électoral à un an des élections municipales en annonçant tous les investissements que la Ville n’a jamais faits en 2013. Bibliothèque, église, centre technique municipal, pistes cyclables, mise aux normes de la voirie, travaux dans les écoles… tous les électeurs y trouveront leur compte ! Encore une fois, quelle crédibilité pour une équipe municipale qui prétend faire 6M€ de travaux alors qu’en moyenne ce montant ne dépasse jamais les 4M€ ? Pour compléter le tableau et payer les bilans de mandat avec l’argent des contribuables, le budget communication ne connaîtra pas la crise avec 96% d’augmentation !  » concluent Emmanuel Bosq, Paule Svatek et Cédric Thoma.  

 

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