Témoignage sur le service public hospitalier grec

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Cher tous,

Il est parfois des expériences que l’on ne souhaiterait pas vivre mais dont il faut savoir tirer profit a posteriori. J’ai eu cet été la malchance de devoir me faire opérer en urgence à Athènes, pour une intervention bénigne mais qui ne pouvait pas attendre un rapatriement en France.

Je me suis retrouvé dans le « meilleur hôpital public d’Athènes » aux dires des Grecs eux-mêmes. Le pays est certes empêtré dans une grave crise, cependant, la perfusion financière et le peu d’avancée de certaines réformes ne me permettait pas d’imaginer, dans un pays européen, un tel délabrement. Explications.

Après avoir été opéré dans des conditions a priori similaires aux standards français en termes d’hygiène, le suivi post-opératoire a commencé. Et le cauchemar avec. Matériel utilisé non stérilisé et non désinfecté, draps non changés (une paire de draps pour toute la durée du séjour, qu’ils soient souillés ou non), ménage à l’eau claire du sol et des sanitaires, pas de possibilité d’appeler les infirmières (le bouton d’appel se trouvant à côté de la porte d’entrée de la chambre…), pas de possibilité de relever ou d’abaisser le dossier du lit seul (lit en fer modèle 1900, sur lequel une sommier d’une épaisseur de 4 à 5cm vous brise le dos)…

L’hôpital était un ancien sanatorium avec de grandes terrasses pour les malades de l’époque qui prenaient le soleil. Aujourd’hui, les chambres avec de grandes baies vitrées et les terrasses devant sont le lieu de promenade des malades, au milieu des fumeurs et des pigeons… qui entrent et sortent des chambres ! Je passe sur le fait qu’aucune infirmière ne vous apporte jamais d’eau (pratique lorsqu’on est alité) et qu’il faut se déplacer dans les sanitaires (où le robinet est trop bas pour ceux qui ne peuvent pas se baisser) ou jusqu’au distributeur (les bouteilles sortent également par le bas…) pour boire, et que vous n’avez absolument rien (pas de papier dans les toilettes, ni de serviette, pas de verre ou de gobelet en plastique, des couverts jetables à chaque repas etc). Bref, on est livré à soi-même. Ce sont les familles qui aident le malade à se lever, à se laver, à se déplacer et qui sont là en cas d’urgence, les infirmières ne passant pas la nuit (les familles dorment sur place).

J’en oublie sur les bouchons de perfusion (tâché de sang) interchangeables entre malades, les infirmières se baladant avec les poches de sang souillées et propres en même temps, la taie d’oreiller tachée du sang du malade sortant non changée (l’oreiller juste retourné), bref des conditions sanitaires dont je ne soupçonnais pas l’existence possible en Europe.

Les circonstances de la crise peuvent expliquer tout ou partie du problème, le personnel n’ayant pas été payé depuis des mois. Il n’empêche, vivre cette situation est hallucinant pour nous qui connaissons l’excellence du système de santé français. Nous avons intérêt à conserver ce dernier en arrêtant les abus.

Espérons que ce témoignage sera utile aux compatriotes vacanciers en Grèce. Conclusion : dans ce pays, faites vous opérer ou transférer dans un hôpital privé si vous en avez la possibilité et si vous n’êtes pas en mesure de rentrer en France.

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