Nuage islandais : vers la fin du « manège » ?

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Cher tous,

L’Europe et le monde ont vécu le week-end dernier un événement inédit dans l’histoire du trafic aérien : la fermeture pendant plusieurs jours des espaces aériens européens. Outre les coûts estimés pour les compagnies aériennes (j’ai lu des estimations à plus de 1,2 milliard d’euros), cette « crise dans la crise » a permis d’illustrer les interdépendances mondiales qui existent entre les pays. On a tout vu : entre les industries agroalimentaires manquant de produits venant de l’autre bout du monde, les tensions sur les raffineries dont l’activité s’est trouvée subitement réduite, les 150 000 français coincés à l’étranger sans ressources, les businessmen travaillant à distance pour ne pas accumuler trop de retard, les riverains des aéroports contents pouvoir profiter d’un week-end ensoleillé paisible…

 Cet événement est une véritable mine d’or sociologique sur la mondialisation et ses effets. Elle a limité l’un des principaux sous-jacents de cette mondialisation : le transport. Tous les « flux » internationaux s’en sont trouvé réduits et les comportements ont rapidement évolué. Les consommateurs n’ont plus acheté les tomates « bio » chiliennes (on se demande comment font ces tomates pour rester bio vu tout le carburant consommé pour les acheminer en Europe !) mais les tomates du producteur local, les déplacements se sont trouvés soudain limités (certains n’osant même pas tenter de prendre le train avec les grèves…), les gens ont passé leurs vacances à la campagne et non à l’étranger.

 En accumulant tous ces facteurs, on constate une chose : réduire les transports internationaux, c’est renforcer les liens entre les riverains et les territoires et les populations. Les petits producteurs ont vendu leur marchandise et les français coincés à l’étranger se sont entraidés.

 Cela me fait penser au suicide de Vatel, tel que décrit par Mme de Sévigné. Pendant quelques instants, le « manège » s’arrête avant de repartir de plus bel. C’est dommage, il est parfois très sain que le manège se calme… Divertissement pascalien quand tu nous tiens !

 Quoi qu’il en soit, le parallèle avec des pistes pour des réductions de notre impact environnemental est évident : recréer des liens locaux entre les hommes et les territoires, dans l’alimentation, dans les transports, dans les relations sociales et les réseaux de personne. Rendez-vous le 3 mai pour la journée de restitution de l’étude post-carbone pour la Ville de Fontainebleau qui, à mon sens, pourrait trouver des exemples dans cette crise islandaise.

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