Dossier spécial Internet & les politiques du Parisien

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Le PARISIEN

Avant, câ??était facile. Les hommes politiques faisaient des meetings, envoyaient des communiqués à  leur quotidien local et, parfois, passaient à  la télévision. A part le vote des électeurs, les élus maâtrisaient tout. Et puis, Internet est arrivé et lâ??opinion a déferlé sur la vie politique. Avec, en France, un acte de naissance clairement daté : la campagne du référendum sur la Constitution européenne, en 2005. Câ??est dâ??abord sur le Web que le non lâ??a emporté sur le oui, avant de gagner dans les urnes. Le revers de la médaille

Depuis, tout a changé. En plus du bulletin municipal et du tract, les politiques ont ouvert leur blog. Ils comptent leurs amis sur Facebook et racontent leur vie sur Twitter. Certains dâ??entre eux (lire page 3) prennent màªme des cours pour sâ??y retrouver… En novembre, on a vu le ministre de lâ??Industrie, Christian Estrosi, rendre compte en direct sur Twitter des débats du Sénat sur le nouveau statut de la Poste, au grand dam des sénateurs de lâ??opposition.
La Toile permet aux élus de court-circuiter les médias traditionnels. Lâ??Elysée a créé une télévision de la présidence de la République. Ségolà¨ne Royal ràªve de démocratie participative sur son site Désirs dâ??avenir. Tous deux voudraient faire encore mieux que Barack Obama, grand vainqueur sur le Net en 2008.
Mais il y a le revers de la médaille : avec Internet, ils ne peuvent plus faire un pas sans àªtre filmés, découvrant ensuite des vidéos qui font le buzz. Patrick Devedjian, en juin 2007, a été la premià¨re victime alors quâ??il traitait la centriste Anne-Marie Comparini de « salope ». Puis, il y a eu le célà¨bre « Casse-toi pauvre con » de Nicolas Sarkozy. Câ??est la transparence, défendent les uns. Câ??est la dictature du buzz et il faut la réguler, répondent les autres. Internet a bel et bien changé les comportements politiques.

Les cours de la professeur NKM

Au gouvernement, elle est la madone de lâ??Internet, la spécialiste du buzz, la reine des nouvelles technologies. Secrétaire dâ??Etat chargée de la Prospective et du Développement de lâ??économie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, 36 ans, a annoncé sa grossesse sur Facebook, possà¨de un blog avec photos glamour et compte prà¨s de 20 000 « followers » (personnes qui suivent votre profil) sur Twitter.

NKM fait màªme figure de professeur idéale pour tous ceux qui cherchent une formation expresse. « Les gens me voient un peu comme le ministre de lâ??Internet. Câ??est flatteur, màªme si câ??est juste une petite partie de mes activités », plaisante la secrétaire dâ??Etat, qui a lancé un programme dâ??initiation à  lâ??intention des élus. Et les sessions affichent complet. Toutes tendances et tous à¢ges confondus, une centaine de parlementaires se sont inscrits, comme le socialiste Robert Badinter, le patron des sénateurs UMP Gérard Longuet ou lâ??ancienne maire de Strasbourg Fabienne Keller.

Questionnaire et reprise en main

Avant de les accueillir dans son ministà¨re, NKM avait fait circuler un questionnaire en dix points à  destination de ses futurs élà¨ves. Parmi les questions : « Avez-vous le sentiment dâ??àªtre un élu 2.0 ? » Mails, chats, vidéos sur Youtube et Dailymotion, flux RSS, blog, Facebook, Twitterâ?¦ Tout est passé en revue. Pour NKM, trois réponses négatives justifient une sérieuse reprise en main : « Je dis aux élus que 33 millions de Franà§ais utilisent Internet tous les jours ; quâ??il faut sâ??y investir soi-màªme pour àªtre opérationnel ; que la communication publique est entrée dans une nouvelle dimension, quâ??on le veuille ou non. Des politiques qui ne réussissent pas à  se faire entendre, dans des médias traditionnels, peuvent parfaitement réussir à  trouver une audience sur le Net. »
Aprà¨s une présentation générale de ce quâ??est Internet aujourdâ??hui, les apprentis surfeurs passeront, en janvier, aux travaux pratiques lors de sessions complémentaires sous la houlette de spécialistes comme Benoât Thieulin, directeur de lâ??agence de com la Nestcouade, David Abiker, journaliste à  France Info, ou Nicolas Vanbremeersch, alias Versac, lâ??un des blogueurs les plus en vue. Exemples des modules enseignés : mettre en place une veille Internet efficace, comprendre la circulation et la propagation de lâ??information sur la Toile, appréhender le fonctionnement des réseaux sociaux, des communautés virtuelles ou des sites de partages photo et vidéo. Pas gagné. Car Internet continue de faire peur.

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