Valérie Pécresse s’attaque à  la réforme de l’insertion professionnelle !

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Le Parisien

Aprà¨s avoir mené la réforme trà¨s contestée de lâ??autonomie des universités, Valérie Pécresse sâ??attelle désormais à  son pendant, lâ??insertion professionnelle.

Pourquoi lancez-vous cet indicateur dâ??insertion professionnelle ?
Valérie Pécresse. Ces deux dernià¨res années, nous avons oeuvré pour le rapprochement des universités et des entreprises.

Il faut désormais aller plus loin, dans lâ??intéràªt des étudiants et de leur famille. Ils ont droit à  plus de transparence.

Câ??est-à -dire ?
Aujourdâ??hui, quand on sâ??inscrit à  lâ??université, on ne connaât pas le taux dâ??insertion de la filià¨re choisie, contrairement à  ce qui se pratique dans les grandes écoles. Ce manque dâ??informations lisibles creuse le fossé entre les initiés et les autres. Elle conduit ces derniers à  se méfier des cursus longs, et à  ne pas faire le bon choix. Les étudiants doivent savoir ce que deviennent, sur le marché du travail, les anciens de telle ou telle filià¨re.

Les universités seront-elles dans lâ??obligation de présenter ce taux dâ??insertion ?
Elles ont tout intéràªt à  jouer le jeu. Dâ??abord, parce que si elles ne présentent pas dâ??indicateur, les étudiants se détourneront naturellement et iront voir ailleurs. Ensuite, parce que les moyens financiers que lâ??Etat leur allouera seront fonction des objectifs dâ??insertion qui leur seront fixés.

Ne craignez-vous pas que certains dénoncent une logique concurrentielle entre facs ?
Je veux que dans chacune dâ??elles, il y ait désormais un vrai pilotage de lâ??insertion professionnelle. Si les débouchés dâ??une filià¨re se révà¨lent mauvais, cela les incitera à  faire des efforts pour la rénover, en tenant compte des perspectives dâ??emplois quâ??elle génà¨re.
On va enfin savoir où mà¨nent les études supérieures Les universités vont contacter leurs anciens étudiants pour savoir sâ??ils ont trouvé un travail. Une enquàªte inédite dont nous vous dévoilons en exclusivité les détails.

« Allà´ ? Câ??est votre ancienne université. Accepteriez-vous de répondre à  quelques questions ? » Ce coup de fil, prà¨s de 100 000 ex-étudiants diplà´més en 2007 vont le recevoir à  partir du mois de décembre. Objectif de cette vaste enquàªte téléphonique que nous vous dévoilons en exclusivité : connaâtre précisément via une liste de trente questions qui sera envoyée aujourdâ??hui par le ministà¨re de lâ??Enseignement supérieur à  chacune des 83 universités leur situation sur le marché du travail.

Le 30 avril 2010 au plus tard, les facs devront avoir renvoyé leurs résultats.

« Un indicateur commun »

Et, en juin, les étudiants ou leur famille sauront ce que les diplà´més sont devenus deux ans aprà¨s avoir quitté leur campus. Au total, cet indicateur dâ??insertion professionnelle, validé par la Cnil (Commission nationale informatique et libertés) , devra àªtre publié pour 1 400 licences professionnelles, 1 800 masters, ainsi que tous les IUT (instituts universitaires de technologie).
Habituelle au sortir des grandes écoles dâ??ingénieurs ou de commerce, cette procédure sâ??appràªte à  révolutionner les pratiques en cours dans lâ??université franà§aise. En effet, rares sont celles à  savoir ce que sont devenus leurs anciens pensionnaires, mais « cela va changer », promet Valérie Pécresse. « Pour la premià¨re fois, nous lanà§ons un indicateur qui leur sera commun, et qui sera renouvelé tous les ans », précise la ministre de lâ??Enseignement supérieur. Ne manquera quâ??une information, mais de taille : le niveau de rémunération des diplà´més.
Pour mener dans les délais ce questionnaire totalement inédit, les universités devront sans doute puiser dans le vivier actuel de leurs étudiants (quâ??ils rémunéreront). Un travail fastidieuxâ?¦ et coà»teux. Le ministà¨re leur a donc octroyé une enveloppe globale de 750 000 â?¬ , assorti dâ??une condition : un tiers de la somme sera versé cette semaine, et le reste à  la fin de lâ??enquàªteâ?¦ si elle a été réalisée scrupuleusement.
Vivement contestée, la réforme des universités risque de donner lieu à  une nouvelle polémique. De nombreux syndicats étudiants et enseignants ne manqueront pas de voir dans cet indicateur comparatif un nouvel instrument de la mainmise en cours du marché sur les campus.

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