Site icon Cédric Thoma – conseiller municipal de Fontainebleau

Reconversion de la caserne Chataux : les riverains veulent faire évoluer le projet

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Le 1er décembre 2014 s’est tenue en Mairie une réunion relative à la reconversion de la caserne Chataux. Ce bâtiment, aujourd’hui délaissé par les militaires, doit subir une prochaine reconversion. Le programme présenté a suscité des réactions nourries de la cinquantaine de riverains venus pour l’occasion.

Cette présentation du projet intervient très tard. Lors du Conseil Municipal de septembre, nous avions eu à voter le démarrage d’une enquête publique sur cette reconversion. A l’époque déjà, j’avais demandé, préalablement au vote, à ce qu’une présentation du projet soit faite devant le Conseil Municipal. Pour se prononcer, il est en effet utile de disposer de l’ensemble des éléments. La réponse apportée était « Rien n’est prêt, nous n’avons donc rien à présenter ». Au regard des documents fournis dans le rapport du commissaire enquêteur suite à l’enquête publique, il semble que les plans soient prêts depuis l’été 2014. Pourquoi avoir choisi de ne pas informer le Conseil Municipal ? Pourquoi ne pas avoir provoqué une réunion de concertation avant le lancement de l’enquête publique ? 

Ces informations auraient certainement pu éviter les écueils que rencontre aujourd’hui la majorité municipale.

Hauteurs des bâtiments prévus rue St Merry (14m) et rue du Dr Clément Matry (18m)

Le premier concerne la densification assumée du quartier. Personne ne conteste la nécessité de réhabiliter des emprises abandonnées. Pour autant, la densification doit se faire de manière harmonieuse avec les constructions environnantes déjà existantes.

Comme l’illustrent les visuels ci-dessous projetés lundi soir, le projet a évolué vers davantage de densification par rapport au projet construit en 2009. Le projet présenté en 2009 comportait 8500m2 de surface plancher, 2000m2 pour des commerces et 90 logements. En 2014, le projet se transforme en 9500m2 de surface plancher, 1000m2 de commerces et 130 logements.

La conséquence logique d’un plus grand nombre de logements est l’impact sur le nombre d’étages construits. La hauteur prévue du bâti rue Saint-Merry est de 14m contre 11m maximum pour les maisons et immeubles de la rue. Rue du Dr Clément Matry, la hauteur sera de 18m… 

De telles hauteurs sont d’ailleurs contestés par le commissaire enquêteur lui-même dont on connaît pourtant la prudence administrative dans le choix des mots (p.31 du rapport) :

« (Commissaire enquêteur)

Rue Saint Merry. Il est vrai que les hauteurs relevées des bâtiments existants en face de la caserne sont entre 8 et 12 m de haut pour une rue de 9,60 m de large. Néanmoins, il faut observer que le vis à vis actuel est bas pour les riverains. Il est à craindre que les hauteurs de 9 m de façade et de 14 m de faîtage ne créent un effet de « couloir ». Une simulation sous la forme d’un montage photo aurait été la bienvenue.
Rue C. Matry. J’approuve le nouvel examen des hauteurs le long de cette rue et suis partisan de la réduction d’un niveau.

Je recommande la réduction d’un étage de la hauteur des bâtiments le long de la rue C Matry.  »

Moins value foncière pour l’hôpital de Fontainebleau

Le second élément concerne la valorisation du patrimoine immobilier de l’hôpital. Le projet présenté empêche l’hôpital de construire sur une bande de 7m sur son terrain. L’hôpital, présidé par le Maire de Fontainebleau, s’émeut pourtant cet élément dans sa réponse sans pour autant que la Communauté de Communes, présidée également par le Maire de Fontainebleau, ne retienne l’argument. Où est la logique ? 

« (Hôpital)

Limite séparative Chataux/centre hospitalier

Pour ce dernier point, nous avons bien noté que le réaménagement du quartier Chataux imposera une servitude sur la propriété du centre hospitalier qui en affaiblira la valeur foncière puisque toute construction sur cette parcelle devra se faire à plus de 7 mètres de la limite séparative au lieu des 3 mètres, règle actuelle. »

« (Communauté de Communes)

Concernant la marge de recul de 7 m : Ce sujet a été développé au point II.2.5. La marge de recul de 7 m s’applique sur un linéaire de 80 m, soit une surface de 560 m2 à rapporter à l’échelle des 6 ha de l’emprise foncière totale de l’hôpital. La contrainte de constructibilité est donc à relativiser. »

Quelle est la valeur foncière de 560m2 constructibles à Fontainebleau ? Est-ce réellement négligeable ?   Le Commissaire enquêteur ne semble pas convaincu…

« (Commissaire enquêteur)

Les explications de la Communauté de Communes me paraissent convaincantes. Néanmoins, même si le terrain de l’hôpital n’est pas une propriété privée, il n’en demeure pas moins que ce retrait de 7 m sur sa propriété représente une moins-value de ce terrain, ce que la direction de l’hôpital a d’ailleurs précisé dans sa réponse (§ II.2.2.9).  »

Des solutions proposées par les riverains non retenues par la Mairie

Les riverains sont venus avec des propositions. Tout le monde a rappelé la volonté d’être « constructif » et « force de propositions consensuelles ». Ainsi, les riverains étaient d’accord pour que les constructions en bordure de rue, conformément aux recommandations du Commissaire enquêteur, soient revues d’un étage à la baisse. Cela permettait de ramener les constructions prévues dans des proportions similaires à l’existant.

Le Maire de Fontainebleau et son adjoint à l’urbanisme ne partagent pas ce point de vue et ont indiqué aux riverains que la seule modification qu’ils accepteraient serait de créer un « recul d’un ou deux mètres des constructions en bordure de la rue Saint Merry ». Une solution jugée insuffisante par les riverains qui ont demandé si la réunion mentionnée comme une réunion « de concertation » était en fait une « réunion d’information » puisqu’aucune remarque n’était retenue ?

Finalement, cette réunion n’aura contenté personne. Ni la Mairie qui souhaitait faire approuver son projet, ni les riverains qui voulaient voir leurs propositions retenues. Au regard de l’état de tensions lundi soir, il y a fort à parier que les riverains, faute d’écoute, n’en resteront pas là.

La Mairie ne devrait-elle pas revoir sa copie pour éviter de futurs ennuis et risquer de voir son projet échouer ?

 

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