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Débat d’Orientations Budgétaires : les approximations du maire sortant…

Cher tous,

Dans les colonnes de la presse locale cette semaine, le maire sortant est interviewé sur les finances de la Ville. On sent clairement la volonté de réaliser un bilan de mandat pour quelqu’un qui, officiellement, n’est pas en campagne municipal. Pratique de s’appuyer sur les moyens mis à disposition par la collectivité en prétendant n’être pas encore candidat !

Voici une revue des principales approximations / erreurs développées dans l’argumentation du maire sortant :

– « Les projets que nous mettons en œuvre s’inscrivent dans un plan pluriannuel financier » : Si c’est le cas, le Conseil Municipal et les Bellifontains n’ont jamais eu l’occasion de le voir. On peut par conséquent supposer qu’il n’existe pas autrement qu’en paroles !

– « stabilité du stock de dette depuis 2008 » : Vrai… mais faux. Il faut tout d’abord regarder les faits au moment de l’arrivée du maire sortant à la tête de la Ville en 2005, et non en 2008. En 2005, la dette s’élevait à 19 584 000€. Fin 2013, la dette de la Ville s’élèvera au même niveau. Il n’y a donc pas de quoi s’en féliciter. 2013, année préélectorale est la 1ère année où la Municipalité n’a pas emprunté. Comment cela est-il possible ? En utilisant deux astuces : la première consiste à céder du patrimoine avec en 2013 la vente du terrain Decamps, du Mont-Ussy et de la Halle de Villars pour un total de près de 1 800 000€ (!) ; la seconde consiste à utiliser jusqu’au dernier sou les réserves de la Ville, sorte de poire pour la soif en cas de coup dur. D’un montant de 4 200 000€, à des niveau similaires aux Villes de taille comparable, celui baissera drastiquement en 2013. La désagréable surprise du montant utilisé de ce fond de roulement se découvrira lors de l’approbation des comptes…

Le maire sortant oublie sciemment de parler de l’endettement de la Communauté de Communes sur lesquelles des charges ont été reportées. De 2 100 000€ en 2008 au moment où Fontainebleau a pris la Présidence de la Communauté de Communes, la dette est passée à 18 225 000€ fin 2012. Chapeau !

– « les taux d’impôts ne devaient pas augmenter plus vite que l’inflation » : Oui mais. Les impôts sont la combinaison des bases et des taux d’imposition. Les bases suivent l’évolution de l’immobilier et la réévaluation annuelle est de l’ordre de l’inflation. Ne pas augmenter les taux plus vite que l’inflation signifie ne pas augmenter les impôts plus vite que deux fois l’inflation (l’inflation au carré pour être précis 🙂 ! Le produit des impôts par habitant a augmenté de 40% depuis 2005 !

– « la maîtrise des dépenses de fonctionnement, qui représentaient 20,6M€ en 2008 et s’élèvent cette année à 20M€ » : Cette assertion traduit soit une mauvaise compréhension des finances publiques, soit un mensonge. 1ère erreur : les propres prévisions de la Municipalité pour la fin 2013 montrent que les dépenses approcheront les 21M€. 2ème erreur : l’omission des transferts de charge entre la Ville et la Communauté de Communes (CCPF). Depuis plusieurs années, le maire sortant transfère des charges à la CCPF et l’endette de manière exponentielle ! Lorsqu’une collectivité transfère une compétence ou des équipements, elle transfère les charges et les recettes qui en étaient issues, le tout devant être à l’équilibre. Le solde s’appelle « la dotation de compensation ». En 2006, la CCPF versait 2 230 000€ de dotation de compensation à Fontainebleau au titre de la taxe professionnelle. Fin 2013, il s’établira à 925 000€. En conséquence, Fontainebleau a transféré 1 300 000€ de charges à la CCPF ! Si l’on ajoute ce montant au prévisionnel fin 2013, le total des dépenses de fonctionnement atteint 22 300 000€, autrement dit une augmentation de 8,2% par rapport à la fin du dernier mandat du maire sortant et 17% par rapport à son arrivée à la tête de la Ville. Chacun est libre d’en tirer les conclusions qui s’imposent !

 

 

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